dimanche 12 mai 2013

Introduction


Les têtes se prolongent en silhouettes complètes: les tuniques, les pantalons et les bottes sortent du brouillard comme d’un étang de lait. Ils se forment en colonne. La colonne marche tout droit devant elle. Les silhouettes se confondent et leur masse constitue une sorte de coin; on ne reconnaît plus les individus; ce n’est qu’un coin sombre allant lentement de l’avant, complété bizarrement par les têtes et les fusils qui semblent sortir, en nageant, de l’étang de brouillard. Une colonne, mais pas des hommes. […] Les canons et les voitures semblent glisser sur l’arrière-plan estompé du paysage lunaire; les cavaliers, avec leurs casques d’acier, ont l’air de chevaliers du temps passé; c’est, d’une certaine manière, beau et émouvant.
Erich Maria Remarque, Im Westen nichts Neues (extrait), 1929.

.

C’est sur le campus franco-allemand de Sciences Po Paris à Nancy, lieu chargé de l’histoire des trois dernières guerres entre la France et l’Allemagne, que nous avons décidé de nous interroger sur la guerre et ses représentations.
Les étudiants sont invités à repenser, réinterpréter et analyser l’image que l’on a de la guerre, s’inspirant de leurs histoires, de leurs mythologies personnelles.
Chacun repense la guerre et ses représentations entre hier, aujourd’hui et ce qu’elle sera demain.

Dès son origine la photographie de conflit fut confrontée à la question du réel.
Alors que la subjectivité est évidente dans la peinture, la photographie est présentée comme preuve.
Pourtant dès ses débuts avec la guerre de Crimée, elle est confrontée à la question de la mise en scène et son importance progressive comme outil de propagande ne va que renforcer sa manipulation.

A partir de la 1er Guerre Mondiale, grâce aux progrès techniques accomplis, la photographie peut pour la première fois se retrouver sur le front, au plus près des combats. Les soldats ne sont plus seulement combattants mais aussi témoins, producteurs d’images.
La presse joue un rôle déterminant, alors que les écrits sont contrôlés méticuleusement, les images produites par les combattants peuvent circuler quasi-librement. De nombreuses photographies prisent par des poilus, seront publiées, rendant compte aux civils directement de la violence du conflit.
L’ère de la communication iconographique de masse est née et l’image va devenir une arme de guerre.

Avec la guerre du Vietnam, les états-majors comprennent qu’une guerre gagnée sur le terrain peut désormais être perdue dans l’opinion et inversement. Aussi les armées, mais également les groupes de guérillas, vont s’évertuer à construire des images et à instrumentaliser les médias.
L’image n’est plus forcément vérité, mais elle devient icône.

Aujourd’hui les forces armées s’efforcent de tenir les reporters d’images à l’écart des combats afin de donner l’illusion d’une guerre « propre » et sans victimes.
On semble néanmoins progressivement sortir de ce schéma; à l’époque du numérique, et notamment des téléphones portables équipés d’appareils photo, il va devenir encore plus facile de produire et diffuser des images.
C’est ainsi que l’on redécouvre via internet toute la brutalité du conflit dans des images diffusées hors de tout contrôle.
Ces images amateurs réalisées par les combattants nous montrent la réalité de la guerre, une réalité choquante que le public occidental n’est pas prêt à assumer.
Comment justifier auprès de l’opinion publique l’opération Enduring Freedom (Liberté Immuable) en Afghanistan lorsque l’on voit des images de soldats américains uriner sur des cadavres d’insurgés afghans, ou l’opération Iraqi Freedom avec les images de prisonniers irakiens torturés dans la prison d’Abu Ghraib ?

La guerre ne semble plus perceptible en Occident et pourtant elle est partout ; à travers la fiction, où films et jeux vidéo nous en offre une vision fantasmée, une forme d’exotisme et aussi à travers le réel avec l’image médiatique qui pourtant nous offre de la guerre une image tout aussi caricaturale que celle de la fiction.

La guerre en Occident existe toujours mais elle a changé de forme, c’est une guerre d’influence, une guerre économique, sans pitié où l’image joue là encore un rôle majeur. Chacun cherchant d’abord à gagner sur le front de l’opinion, il n’y a plus de situation de paix ou de guerre bien circonscrite, mais concurrence perpétuelle d’influences où les forces en présence s’évertuent à construire des images et à instrumentaliser les médias.

Emeric Lhuisset

Risk -- La Guerre Invisible


La Guerre Invisible est un concept nouveau, apparu depuis une cinquantaine d’années. Nouveaux acteurs, nouveaux objectifs, nouveaux moyens de combattre et d’asseoir sa supériorité. Nouvelles victimes, aussi.

Ce Risk se joue de manière ordinaire.

Il comprend cinq équipes : Grands Etats (rouge), réseaux organisés (noir), ONGs (jaune), grandes organisations internationales (bleu) et opinion publique (blanc).

Cinq cartes de stratégie sont allouées à chaque équipe, leur permettant de combattre leurs ennemis et de parvenir à leurs objectifs, grâce à des moyens spécifiques (voir cartes).

Chaque objectif correspond à une couleur sur le plan de jeu : Hard power (bleu foncé), soft power (bleu clair), équilibre économique (orange), pouvoir politique (gris), scène internationale (jaune).


Et n’oubliez pas : ce n’est pas qu’un jeu.


Lucie MANDO.















jeudi 9 mai 2013

Changing Enemy - Aylin Gül & Valentin Weber & Elisa Schramm


vidéos :

















Le Choc des Civilisations, Samuel Huntigton (page 21-23)
“ Dans le monde nouveau qui est désormais le nôtre, la politique locale est ethnique et la politique globale est civilisationelle. La rivalité entre grandes puissances est remplacée par le choc des civilisations. Dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants et les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon des critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles. Les guerres tribales et les conflits ethniques feront rage à l’intérieur même de ces civilisations.
(...)
En résumé, le monde d’après la guerre froide comporte sept ou huit grandes civilisations. Les affinités et les différences culturelles déterminant les intérêts, les antagonismes et les associations entre Etats. Les pays les plus importants dans le monde sont issus de civilisations différentes. Les conflits locaux qui ont le plus de chances de provoquer des guerres élargies ont lieu entre groupes et Etats issus de différentes civilisations...”`





Leave me the f**k alone Helmet - Maria Romero Da Silva Nunes & Aleksandra Szylkiewicz














Un désir d’évasion, un désir d’être n’importe où autre que sur un champ de bataille. Ceci est une émotion plus que compréhensible chez des soldats. À partir de ceci, en s’inspirant de l’autruche qui cache sa tête dans le sable, nous avons crée un casque qui forme une séparation entre le monde réel où ils se trouvent et un monde à eux, qu’ils sont libres de créer. Une idée simple, avec une forme qui rappelle le voile de l’ignorance, ce casque s’est inspiré des soldats en attente mais saurait trouver son utilité chez tous les membres d’une société, où parfois, le désir d’évasion et d’isolation n’est que trop présent. 

Sans Titre - Maelis Pouzet & Filipe Mello Rose




Chacune des lignes représente un conflit dans un pays : de haut en bas Birmanie, Somalie, République Démocratique du Congo, Soudan, Syrie, Mali. La première colonne représente le nombre d’articles publiés sur le site internet du New York Times  depuis le début de chaque conflit et répondant à la recherche « nom du pays » + « guerre ». La seconde représente le nombre de morts engendré par chacun des conflits. La troisième la durée du conflit. La superficie des carrés a été calculée proportionnellement à la plus grande valeur pour chacune des catégories (les articles sur la Birmanie, les morts au Congo et la durée en Birmanie).


Jeu de rôles - Jana Stuhlmann & Marie-Alice Kernéis
















Nous nous sommes principalement servies d’affiches américaines célèbres, qui s’inscrivent dans la communication iconographique de masse.
A la manière des activistes qui détournent les affiches publicitaires du métro de leur fonction initiale, nous les avons transformées par la technique ostensible du collage.
La simplicité du collage suggère une totale interchangeabilité des rôles féminins et masculins, et attire l’attention sur ce « jeu de rôles » qu’est la répartition des « tâches » dans l’armée comme dans la société en général.
Au-delà de l’intention des affiches, les deux photos de femmes aviatrices, prises à des époques différentes, montrent que les femmes jouent depuis quelques temps déjà un rôle important dans les conflits.

Jana Stuhlmann
Marie-Alice Kernéis

Drones - David Hagebölling & Luc Fischer

Wartime Equality









_________________________________________________________________________________

Black Shadow